Quelques grands traits de l'évolution des politiques agricoles française
et européenne
Depuis l’après-guerre et surtout le début des années 60, les
politiques agricoles française et européenne étaient motivées par un
objectif principal : augmenter la production de produits agricoles, afin
d’assurer l’autosuffisance agro-alimentaire puis de conquérir des
marchés à l’exportation. Différents mécanismes concourraient à
l’atteinte de cet objectif, dont un soutien important des prix payés
aux producteurs. Cette politique a subi un premier frein au début des années
80, avec la mise en place d’un plafonnement de la production laitière via
des « quotas » individuels, puis à la fin de la même décennie
avec le contingentement global de la production de céréales, oléagineux
et protéagineux, via
l’instauration de « Quantités Maximales Garanties » (si la
production globale européenne était supérieure aux QMG, le soutien du
prix payé au producteur diminuait).
Annoncée en 1992 et mise en place en
1993, la réforme de la politique
agricole commune a prolongé et amplifié ces prémisses. Elle vise
plusieurs objectifs : maîtrise des dépenses budgétaires, amélioration
de la compétitivité des productions européennes, réduction de
l’offre des produits, développement d’une agriculture plus
respectueuse de l’environnement... Les secteurs les plus concernés par
cette réforme ont été l’élevage bovin et les grandes cultures. Les
principaux mécanismes supprimés et mis en place ont été les suivants :
Élevage
bovin : diminution du prix d’intervention ; extension,
revalorisation et plafonnement des primes communautaires ; instauration
d’une « prime à l’herbe » nationale. Ces mécanismes
avaient pour intention de favoriser l’élevage bovin extensif.
Céréales,
oléagineux, protéagineux : diminution du prix d’intervention pour
les céréales, suppression des prix de soutien pour les oléagineux et
protéagineux; mise en place d’un système de paiements compensatoires régionalisés
indexés sur les surfaces de production ; instauration d’un système de
gel des terres obligatoire pour accéder aux paiements compensatoires ;
plafonnement global des surfaces en céréales, oléagineux, protéagineux.
Ces modifications du contexte de
production ont entraîné des modifications de pratiques importantes de la
part des agriculteurs, tant du point de vue de l’utilisation de
l’espace que de celui de la conduite des élevages et des cultures.
En 1999, les accords de Berlin fixent
l'Agenda 2000 qui poursuit les objectifs de la réforme de 1992 ; il
s'agit de rapprocher les prix des produits européens des prix du marché
mondial (poursuite de la diminution du prix d'intervention) et de
compenser cette baisse de prix par des aides directes aux producteurs.
Cette politique est fortement influencée par les négociations
internationales à l'Organisation Mondiale du Commerce et par les enjeux
d'élargissement de l'Europe aux PECO (Pays de l'Europe Centrale et
Orientale). D'autre part, l'Agenda 2000 intègre le concept de
multifonctionnalité de l'agriculture en prévoyant une modulation des
aides servant à financer les impacts positifs de l'agriculture sur
l'environnement et le développement des territoires ruraux.
Le tableau
1 donne les prix d'intervention et les paiements compensatoires prévus
dans le cadre de l'agenda 2000 pour les principales productions végétales.
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